samedi 16 février 2008

Intermède...

Je serai triste comme un saule
Quand le Dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l'épaule
"Va-t'en voir là-haut si j'y suis"
Alors, du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?

Au hasard des concerts, au détour des rencontres J’ai glané ça et là quelques fleurs parfumées Quelques petits bijoux dans leur écrin lovés Qui arrêtent le temps s’égrenant sur ma montre…



Si ,pour un instant, Dieu oubliait que je suis une marionnette en chiffon, et qu’il m’offre un morceau de vie, je profiterais de ce temps le plus possible.
Je suppose que je ne dirais pas tout ce que je pense, mais, en définitive, je penserais tout ce que je dis .
Je donnerais une valeur aux choses, pas par ce qu’elles valent, mais pour ce qu’elles signifient.
Je dormirais peu, je rêverais plus...
Je marcherais quand les autres s’arrêtent, je me réveillerais quand les autres dorment...
Je prouverais aux hommes combien ils se trompent en pensant qu’on ne tombe plus amoureux en vieillissant, et qu’ils ne savent pas qu’on vieillit lorsqu’on cesse de tomber amoureux.
Je donnerais des ailes à un enfant, mais je le laisserais apprendre à voler seul.
J’enseignerais aux vieux que la mort ne vient pas avec l’âge, mais avec l’oubli.
J’ai appris tant de choses de vous, vous, les hommes…
J’ai appris que tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans savoir que le véritable bonheur réside dans la manière de l’escalader.
J’ai appris que quand un nouveau-né serre fort de son petit poing, pour la première fois, la main de son père, il le retient pour toujours.
J’ai appris qu’un homme n’a le droit d’en regarder un autre de haut que pour l’aider à se lever.
Si je savais que ce sont les dernières minutes où je te vois, je te dirais « je t’aime » sans présumer bêtement que tu le sais déjà...
Le lendemain n’est garanti à personne, qu’il soit jeune ou vieux.
Garde près de toi ceux que tu aimes, dis leur à l’oreille combien tu as besoin d’eux, aimes-les et traite-les bien, prends le temps de leur dire « je regrette », « pardonne-moi » « s’il te plaît », « merci », et tous les mots d’amour que tu connais.
……………..
Gabriel Garcia Marquez
(atteint d’un cancer, l’écrivain avait adressé ces lignes à ses amis quelque temps avant sa mort)


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